12. Paul à Athènes (Actes 17): Page 2 sur 3

Une défense habile

Évidemment, ces circonstances nous obligent à voir le récit de Luc et le discours de Paul sous un jour nouveau. Pourquoi commence-t-il en faisant allusion à l’autel avec l’inscription « À un dieu inconnu » (Actes 17:23)? Cela peut être une méthode raffinée d’introduire le message concernant le vrai Dieu – mais dans le contexte présent c’était un moyen de se défendre contre l’accusation d’avoir proclamé « des divinités étrangères » : les Athéniens eux aussi adoraient ce Dieu, même s’il ne le connaissaient pas!

Et comment faut-il comprendre le discours qui suit cette introduction ? Pourquoi les allusions philosophiques et les citations des poètes? Là aussi Paul adopte une méthode qui servirait à le défendre contre leurs accusations : les auteurs grecs n’avaient-il pas reconnu eux aussi qu’il n’y avait en vérité qu’un seul Dieu, que c’est Lui qui nous a créés et qu’Il désire que les hommes le cherchent et le connaissent?

« Il a fait que tous les hommes, sortis d’un seul sang, habitent sur toute la surface de la terre, ayant déterminé la durée des temps et les bornes de leur demeure; il a voulu qu’ils cherchent le Seigneur, et qu’ils s’efforcent de le trouver en tâtonnant, bien qu’il ne soit pas loin de chacun de nous, car en lui nous avons la vie, le mouvement, et l’être. C’est ce qu’ont dit aussi quelques-uns de vos poètes, De lui nous sommes la race... » (Actes 17:26-28)

On a pu identifier des allusions ici à deux ou trois écrivains grecs: Epimenedès, philosophe et poète du 6ème siècle av. J-C, Arate, poète du 3ème siècle, et Cléanthe, philosophe stoïcien du 3ème siècle. Avec ces allusions et citations Paul détourne les accusations qu’on avait élevées contre lui. Mais tout lecteur de la Bible reconnaît aisément que les thèses qu’il propose dérivent en fait de sa patrimoine hébraïque et de sa profonde connaissance de l’Ancien Testament; on n’a qu’à comparer ses propos ici avec les passages suivants: Genèse 2:7; Deutéronome 4:29 et Deutéronome 32:8; Ésaïe 42:5; Ésaïe 55:6; Ésaïe 66:1 – pour n’en nommer que quelques-uns!

Dans les remarques qui précèdent ces allusions littéraires, Paul emploi une méthode pareille:

« Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s’y trouve, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n’habite point dans des temples faits de main d’homme; il n’est point servi par des mains humaines, comme s’il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous la vie, la respiration, et toutes choses. » (Actes 17:24-25)

Paul paraît se faire ici l’écho de la critique de l’idolâtrie avancée par beaucoup d’intellectuels grecs de l’époque. En fait, ses paroles se réfèrent plutôt à Ésaïe 66:1, qu’Étienne avait citées en sa présence devant le Sanhédrin: « Le ciel est mon trône, Et la terre mon marchepied. Quelle maison pourriez-vous me bâtir ... » (voir Actes 7:48-49).

Et d’où vient la sagesse et la finesse avec laquelle Paul se défend?

« Mais, avant tout cela, on mettra la main sur vous, et l’on vous persécutera; on vous livrera aux synagogues, on vous jettera en prison, on vous mènera devant des rois et devant des gouverneurs, à cause de mon nom. Cela vous arrivera pour que vous serviez de témoignage. Mettez-vous donc dans l’esprit de ne pas préméditer votre défense; car je vous donnerai des paroles et une sagesse telles que vos adversaires ne pourront leur résister ou les contredire. » (Luc 21:12-15)

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