4. « Aimez-vous les uns les autres »: Page 2 sur 2

Jean aussi proclame cette même vérité quand, au point culminant de son exposé de la nature de l’amour divin, il nous dit : « Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés. Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres » (1 Jean 4:10-11).

            Nous montrons que nous sommes de vrais enfants de notre Père céleste quand nous manifestons le même genre d’amour – libre d’égoïsme, généreux et ouvert – envers les autres: même envers ceux qui ne font rien pour le mériter, qui, eux, font peut-être bien des choses inspirées par l’inimitié plutôt par de l’amour. C’est ainsi que nous nous faisons un avec Celui qui a tant aimé le monde qu’Il a donné Son Fils unique pour son salut. Dans sa nature essentielle, il n’y a pas d’amour plus grand que celui-ci.

Un amour limité ?

            Mais il y a quelque chose de plus. 
Regardons encore une fois 1 Jean 4: « Bien-aimés, si Dieu nous a tant aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres». « Les uns les autres  » : nous comprenons que Jean emploie cette phrase apparemment restrictive parce qu’il n’a en vue dans ce passage que les membres de la communauté chrétienne. Certainement il ne veut point suggérer que notre amour n’ait pas à embrasser aussi ceux qui ne sont pas membres de cette communauté. Les paroles de Jésus dans Matthieu 5:44-48 sont suffisantes pour le démontrer clairement. Néanmoins, il y a quelque chose de plus.

            Ici comme ailleurs, nous manquerons le vrai sens des mots de Jean et la richesse de l’inspiration et de la discipline spirituelles qu’ils impliquent si nous ne tenons pas compte de l’idée profonde que l’apôtre se faisait de la communauté chrétienne – la koinonia , la vie commune que ceux qui sont en Christ partagent l’un avec l’autre et avec celui de qui découle tout ce qui est distinctif de cette communion.

            Dans son Évangile, Jean rapporte l’institution formelle de la communauté dans laquelle cette vie devait trouver son expression. Dans ses premiers chapitres, il montre que la venue de Jésus était un témoignage du caractère universel de l’amour de Dieu pour le monde : « ... afin que  quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3:16). Mais Jean nous montre aussi que, dès le début, l’effet réel de cet amour a été limité, malgré son intention universelle, par le refus de la part des hommes de le recevoir.

            Les chapitres suivants de l’Évangile – du chapitre 5 jusqu’au chapitre 12 – témoignent des efforts continus de Jésus pour briser l’obstination, l’orgueil et l’aveuglement des cœurs des hommes, et la résistance de la plupart d’entre eux à son message.

Mais finalement, ayant manifesté au monde la plénitude de cette grâce et de cette vérité, et de l’amour qu’il tenait de son Père, il s’en retire pour partager ses dernières heures avec ceux qui, par leur réponse d’amour à son amour pour eux, se sont montrés « les siens ».

(à suivre)

NEVILLE SMART

Traduction : Lenaïg Nicolas-Baret/ Graham Jackman

 

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