7. Le Chrétien et le Monde

« N’aimez point le monde ... » (1 Jean 2:15)

« Dieu a tant aimé le monde ... » (Jean 3:16)

Un principe de base de la vie chrétienne c’est que les croyants doivent essayer de ressembler à Dieu, leur Père céleste, dont ils sont devenus des enfants en Jésus-Christ : « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait » (Matthieu 5:48). D’après le premier passage cité ci-dessus, comme dans beaucoup d’autres dans la Bible, il faut regarder le monde avec répugnance, comme l’ennemi de la foi et de la bonté. Mais l’autre passage évoque l’amour de Dieu pour le monde, amour si grand qu’Il a envoyé Jésus, le « Sauveur du monde ». Si donc nous essayons de Lui ressembler, ne faut-il pas aimer le monde comme Il l’a fait?

Il est clair que nous avons besoin ici de trouver « le juste équilibre ». Il ne s’agit point d’une simple question de sémantique: aucun sujet ne possède une plus grande importance pour la conduite du chrétien que celui-ci, car il détermine notre attitude à l’égard du monde dont nous faisons partie et notre comportement envers nos semblables.

Nombreux sont les croyants qui regardent le monde d’un œil complètement adverse et pour qui il représente tout ce qu’il y a de méchant. Jean l’exprime ainsi dans le premier de nos deux passages:

« N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est point en lui; car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais vient du monde. Et le monde passe, et sa convoitise aussi ... » (1 Jean 2:15-17)

C’est avec une telle attitude que j’ai été élevé moi-même. Je me souviens que dans ma jeunesse je savourais les sermons qui dénonçaient le monde, exigeant qu’on le fuie à tout prix. J’adoptais une attitude « antisociale » envers tous ceux qui n’étaient pas « religieux »; je me tenais à l’écart de toute association ou amitié mondaine. Je reconnais maintenant que je n’étais pas loin du pharisäisme avec son « Retire-toi, ne m’approche pas, car je suis saint! » (Ésaïe 65:5). Une telle attitude est peut-être moins répandue aujourd’hui, parce que la profonde conviction religieuse qui l’engendre se rencontre rarement, mais parmi les croyants vraiment sérieux et convaincus, de moins en moins nombreux de nos jours, elle existe encore.

Tout à fait contraire est l’attitude de ceux qui insistent sur un autre groupe de passages qui parlent de l’amour de Dieu pour le monde et qui nous montrent Jésus comme « un ami des publicains et des gens de mauvaise vie » . Il en résulte en bien des cas qu’on désire se soustraite à toute distinction nette entre croyants et non-croyants. De peur de passer pour pharasaïque ou de pratiquer une forme de conduite trop étroite, on adopte volontiers les allures du « chrétien mondain » qu’on ne distingue qu’à peine de ses contemporains du monde: le pasteur qui essaie de démontrer par un comportement pareil qu’il n’est point différent de ses semblables; le jeune idéaliste qui, animé par le désir de changer le monde, transforme l’évangile chrétien en un projet de réforme sociale, abandonnant les doctrines qui sont au cœur même du christianisme; le chrétien occasionnel, qui déteste le seul idée qu’il faudrait se montrer différent des autres. C’est là qu’on peut en venir si on abandonne le regard plus sévère sur le monde pour se concentrer uniquement sur les passages qui parlent de l’amour de Dieu.

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