Le Principe du Mal et le Satan de la Bible (3)

Dans une prochaine étude nous comptons étudier d’une façon détaillée l’emploi du mot « satan ». Nous verrons alors que beau- coup de passages n’appuient nullement la conception générale de Satan. Contentons-nous maintenant de dire que ce terme signifie sim- plement « adversaire » et lorsque nous reconnaissons l’inimitié essentielle entre Dieu et l’humanité, entre l’Esprit et la chair, il n’est pas difficile de voir que Satan représente la personnification du péché qui habite en nous (Rom. 7:20), et que ce principe est hostile à Dieu. Dans le chapitre suivant des Romains Paul emploie cette expression : « le péché dans la chair » (Rom. 8:3) et s’étend sur la question de l’inimitié entre Dieu et l’humanité : «... car l’affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu’elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu’elle ne le peut même pas. Or, ceux qui vivent selon la chair ne sauraient plaire à Dieu » (Rom. 8:7-8).

Il y a un passage très révélateur dans Marc 8. À un moment donné, Jésus commença à enseigner à ses disciples qu’il devait aller à Jérusalem et que là il serait mis à mort. Cette idée n’était pas du tout du goût des apôtres, qui attendaient le prochain établissement du royaume de Dieu. Aussi Pierre s’oppose-t-il ouvertement à son Seigneur : « Et Pierre, l’ayant pris à part, se mit à le reprendre » (Marc 8:32). L’attitude de Pierre était tout à fait compréhensible mais elle était tout humaine. C’est pourquoi Jésus le réprimanda vertement et lui dit : « Arrière de moi, Satan! car tu ne conçois pas les choses de Dieu, tu n’as que des pensées humaines » (Marc 8:33). La liaison d’idées est claire : Pierre est « satanique » parce qu’en l’occurrence il est purement charnel.

Il y a un exemple plus frappant et plus terrible : pendant les premiers jours du Christianisme, emportés par un élan d’enthousiasme, beaucoup de disciples vendirent des propriétés et firent cadeau du prix de vente à la communauté chrétienne. Ananias et sa femme Saphira en firent autant mais retinrent une partie du prix (voir Actes 5:21) ; c’est alors que Pierre lui demanda : « Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu mentes au Saint-Esprit, et que tu aies retenu une partie du prix du champ? » (Actes 5:3) Si nous pensons que cette idée funeste soit venue du dehors, il faut lire la suite : « Comment as-tu pu mettre en ton cœur un pareil dessein? Ce n’est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu » (Actes 5:4). C’est Ananias qui conçut cette mauvaise pensée et c’est Ananias qui périt, car « le salaire du péché, c’est la mort » (Rom. 6:23).