Les Évangiles sont-ils historiques?

Mythes ou fables?

Nous avons de nombreux documents sur les premiers chrétiens, ceux qui nous ont transmis les Évangiles. Le contexte de l’époque offre d’amples renseignements. Pourtant, peut-il y avoir dans les Évangiles une part de mythes, de fables, d’histoires, du genre de celles que l’on rencontre dans les midrashs juifs, où l’on se soucie moins du fondement historique que de la portée théologique du texte? Notre mentalité moderne et scientifique a en effet des difficultés à admettre que Jésus ait pu, d’un mot, faire voir des aveugles-nés ou ressusciter des morts. Les premiers chrétiens étaient-ils plus crédules?

Il est intéressant de voir que les gens des premiers siècles éprouvaient exactement les mêmes difficultés que nous. On savait bien ce qu’étaient les mythes et les fables des païens et on en faisait des gorges chaudes. Paul déjà condamne ceux qui «  détourneront l’oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables  »  (2 Timothée 4:4).

Un difficile témoignage

La difficulté pour les chrétiens, quand ils ont commencé à parler des miracles de Jésus-Christ, c’est que l’on a précisément pris leurs rapports pour des affabulations. Les Grecs se sont moqués de Paul dès qu’ils ont entendu le seul mot de «  résurrection  » (Actes 17:32). Il aurait été infiniment plus facile pour les chrétiens de ne pas parler des miracles du Christ, de ne rien mentionner à ce sujet. Mais, les apôtres étaient bien obligés de proclamer ce qu’ils avaient vu de leurs yeux.

Dès cette époque des gens très sages prenaient le récit de la transfiguration pour un « montage théologique  », une espèce de parabole destinée à expliquer la grandeur du Christ. Pierre proteste et exclut catégoriquement le genre littéraire du mythe, pour ne retenir que celui du témoignage: 

« Ce n’est pas, en effet, en suivant des fables habilement conçues, que nous avons fait connaître la puissance et l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ, mais c’est comme ayant vu sa majesté de nos propres yeux. Car il a reçu de Dieu le Père honneur et gloire, quand la gloire magnifique lui fit entendre une voix qui disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection. » (2 Pierre 1:16-17)

Un rapport historique

Les évangiles se présentent comme des récits historiques, des rapports de témoins oculaires (Mathieu et Jean) ou de personnes tenant leurs informations directement de ces témoins, comme Marc et Luc. Celui-ci déclare qu’il a : « fait des recherches exactes sur toutes ces choses depuis leur origine ... afin que tu reconnaisses la certitude des enseignements que tu as reçus » (Luc 1:3-4). Dans les Actes, Pierre définit les apôtres comme les témoins:  « Nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Ils l’ont tué, en le pendant au bois »  (Actes 10:39). Jean précise: « Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux ... ce que nos mains ont touché … nous lui rendrons témoignage … » (1 Jean 1:1-2). Le genre littéraire est clairement défini par les évangélistes eux-mêmes: il s’agit bien d’un témoignage historique.

Valeur du témoignage

À part les Juifs, personne ne semble jamais avoir douté de l’honnêteté foncière des apôtres et des évangélistes. Les disciples de celui qui se disait: «  venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité  » (Jean 18:37) n’aimaient ni le mensonge ni l’affabulation. Des événements comme celui d’Ananias et de sa femme Saphira, punis de mort pour un mensonge qui nous semble anodin (Cf. Actes 5:1-11), montrent que l’esprit de fraude n’avait guère cours chez les premiers chrétiens. Paul déclare: « Il se trouve même que nous sommes de faux témoins à l’égard de Dieu, puisque nous avons témoigné contre Dieu qu’il a ressuscité Christ, tandis qu’il ne l’aurait pas ressuscité, si les morts ne ressuscitent point  » (1 Corinthiens 15:15).

Il semble clair que, dans la mentalité des apôtres, l’impudence la plus inadmissible aurait été de mettre au compte du Christ des choses qui n’auraient pas été vraiment de lui. Jean précise à la fin de l’Apocalypse:  «  Si quelqu’un y ajoute quelque chose, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce livre; et si quelqu’un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l’arbre de la vie... »  (Apocalypse 22:18-19). On comprend mal comment Jean, si sévère pour la transmission fidèle de ses propres discours, aurait pu avoir l’audace de modifier ceux du Christ qu’il présente comme le Fils de Dieu.

En somme, les premiers chrétiens sont tous unanimes pour témoigner de l’intégrité absolue des évangélistes. Aucun n’a été soupçonné de rechercher des intérêts personnels, de courir après l’argent ou après les femmes. Personne n’a pu trouver dans la vie, les écrits, la mort des apôtres, le moindre indice valable pouvant jeter un soupçon de malhonnêteté sur leur prédication.

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