Les Évangiles sont-ils historiques?: Page 2 sur 3

Mémoire des apôtres: fidélité?

Si on appelait les Évangiles «  mémoire des apôtres  », on peut se demander si ces hommes avaient bonne mémoire et s’ils avaient le sens de la précision des mots.

Tout le monde sait que les peuples de tradition orale ont développé des facultés extraordinaires en fait de mémoire. Je peux vous citer un ami guinéen qui vous récitera par cœur les premières pages du discours du président Ahmed Sékou Touré lors de la visite à Conakry du président français De Gaulle, venu proposer le projet de la communauté franco-africaine en 1958. Il s’en souvient près de soixante ans plus tard sans avoir jamais fait d’effort spécial pour les mémoriser. J’ai connu à l’Université de Sonfonia-Conakry des étudiants qui, en vue du baccalauréat, avaient appris par cœur tous leurs manuels de géographie, de chimie, de biologie, d’histoire…

Comment Jean, un jeune Juif, passionné pour le Christ, n’aurait-il pas pu se rappeler fidèlement ces quelques petits résumés des discours de Jésus qu’il nous livre, en condensant en un seul discours ce que le maître a sans doute enseigné des dizaines de fois, et en cinq minutes ce que Jésus a développé pendant des heures?

De plus, il n’est dit nulle part que les apôtres ne savaient ni lire ni écrire. On sait que tous les disciples des rabbins de l’époque prenaient des notes. Les disciples de Jésus, comme Mathieu le comptable, auraient-ils été les seuls à ne jamais pouvoir rien noter?

On voit enfin que les disciples tenaient à la précision de ce qui avait été rapporté des paroles du Christ:  «  Jésus n’avait pas dit à Pierre qu’il ne mourrait point; mais, Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe? »  (Jean 21:23). On sait rectifier, à l’occasion, des versions peu fidèles.

Contrôle du témoignage

Même si les apôtres avaient été malhonnêtes, s’ils avaient eu une mémoire peu précise, ils n’auraient pas pu raconter n’importe quoi, car la vie et l’enseignement de Jésus étaient de notoriété publique et il y avait des centaines de témoins, en dehors de leur groupe restreint. Des Juifs qui avaient connu et écoute le Christ s’étaient convertis par milliers (Cf. Actes 2:41; Actes 4:4; Actes 6:7).

On s’accorde pour dire que l’évangile de Matthieu a été écrit en araméen dans les vingt ans après la mort du Christ. Tous ces témoins offraient un contrôle de garantie bien vivant, comme l’affirme l’Épître aux Hébreux:  «  Le salut annoncé d’abord par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l’ont entendu, Dieu appuyant leur témoignage par des signes, des prodiges, et divers miracles ... (Hébreux 2:3-4). Le Christ ressuscité  « est apparu à plus de cinq cents frères ... dont la plupart sont encore vivants » (1 Corinthiens 15:6). Ce qui est sûr, c’est que tous les écrivains chrétiens des premiers siècles ont considéré les Évangiles comme des témoignages sincères et garantis de faits strictement et exclusivement historiques.

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