Le Vocabulaire Biblique

21. Le péché

Évidemment, le péché un sujet qu’on préférerait ne pas avoir à discuter. Mais c’est un mot – ou plutôt un groupe de mots - qui paraissent maintes et maintes fois dans la Bible et que nous employons fréquemment ici, souvent sans trop de réflexion, car on ne peut pas s’en passer en expliquant l’essentiel du message biblique, le pardon des péchés par la grâce de Dieu en Jésus-Christ. Mais posons-nous cette fois : de quoi s’agit-il?

20. Prêtre, sacrificateur

Cet examen de la conception « prêtre »  est en fait le complément de l’article précédent dans cette série sur les idées « saint » et « sanctification ». Nous y avons noté que Dieu exigeait qu’il soit « sanctifié par ceux qui s’approchent de moi » (Lévitique 10:3), mais que le péché, offensif à la pureté de Dieu, représentait un obstacle à toute approche de la part d’un homme.

Pour cette raison la Loi de Moïse désignait certains hommes, en premier lieu Aaron et ses fils, comme « prêtres » – ou plutôt « sacrificateur », dans la traduction Segond du mot hébreu kohen – qui devaient s’approcher de Dieu au nom du peuple entier, ayant été « sanctifiés » par un procédé compliqué de bains, de sacrifices et d’onctions qui durait huit jours (voir Lévitique 8 et Lévitique 9) et ayant endossé des vêtements qui proclamaient leur « sainteté à l’Éternel » (Exode 28:36). Il s’agissait, évidemment, d’une sainteté purement symbolique – ces « sacrificateurs » n’étaient pas moins humains et moins pécheurs que ceux qu’ils représentaient.

19. Saint – sainteté - sanctifier

D’après l’opinion commune des experts, les mots hébreux qodesh, qui se traduit par « sainteté » ou « saint », ainsi que le verbe qadash (« sanctifier »), désignent essentiellement ce qui est absolument « autre », séparé de la sphère de la vie commune, et qui suscite chez l’homme un sentiment de terreur et d’adoration. Ce qui est « saint » est quelquefois dangereux et il est défendu d’y toucher, idée que l’on retrouve dans toutes les religions de l’antiquité, qui attribuaient à certains lieux ou objets une puissance quasi-magique et qui les soumettaient au « tabou ».

18. Alliance (suite et fin)

Nous avons vu dans la première partie de cette étude que l’Ancien Testament connaît trois alliances principales entre Dieu et les hommes:celles qu’il fit successivement avec toute l’humanité par intermédiaire de Noé, avec Abraham et sa postérité, et avec le peuple d’Israël à Sinaï. La première garantissait seulement qu’il n’y aurait plus jamais un déluge comme du temps de Noé ; la deuxième, au contraire, promettait à ses bénéficiaires la bénédiction de Dieu, une postérité nombreuse, et la possession d’une terre que Dieu donnerait non seulement à Abraham mais aussi à ses descendants. Dans tous ces deux cas, l’alliance était essentiellement sans conditions - la réalisation de ces promesses dépendaient uniquement de la bonté de Dieu, bien que ce fût la foi d’Abraham qui avait décidé le Seigneur à s’engager de cette façon. Sur ce point essentiel l’alliance faite à Sinaï était différente, car elle dépendait de certaines conditions:au moment d’accepter l’alliance de Dieu, devenant ainsi son peuple élu, Israël dut s’engager à l’obéissance:« Nous ferons tout ce que l’Éternel a dit, et nous obéirons » (Exode 24:7).

18. Alliance

À la différence de certains autres mots que nous avons considéré dans cette série d’articles, « alliance » est un terme commun du français actuel. Nous connaissons des « alliances » de plusieurs sortes : l’alliance politique entre deux partis, l’alliance militaire, défensive ou offensive, entre deux états, l’alliance économique entre deux entreprises – et, évidemment, l’alliance matrimoniale entre un homme et une femme et entre les deux familles auxquelles ils appartiennent. Dans tous ces cas, quelque différents qu’il soient, il s’agit d’un accord entre deux partis, deux groupes ou individus, dont tous les deux comptent gagner un avantage ou un bénéfice quelconque. Tous les deux font des promesses envers l’autre ; l’alliance est en fait une espèce d’aveu solennel par lequel on s’engage à tenir ce qu’on a promis de faire.

17. La gloire

Non pas à nous, Éternel, non pas à nous, Mais à ton nom donne gloire, A cause de ta bonté, à cause de ta fidélité! (Ps. 115:1)

Dans l’Ancien Testament le mot hébreu kabod (« gloire ») paraît environ 200 fois, tandis que le mot grec doxa avec le même sens est utilisé 167 fois dans le Nouveau Testament. Il s’agit donc d’un terme et d’une idée importants pour ceux qui désirent mieux comprendre la Bible.

Essayons donc de préciser le sens de ces deux mots. Kabod comporte l’idée de pesanteur :nous lisons qu’Absalom, fils de David, se rasait la tête chaque année « parce que sa chevelure lui pesait, - le poids des cheveux de sa tête était de deux cents sicles » (2 Samuel 14:26), et « peser », c’est en hébreu kabad, verbe lié a kabod. « Gloire » c’est comme un poids massif, que ce soit moral ou physique, qui s’impose par sa grandeur et son importance et qui réclame le respect, l’hommage, voire même l’adoration de ceux qui en sont témoins.

16. Le Temple

Il n’y probablement aucune religion qui n’ait pas ses lieux sacrés, des sites ou des bâtiments à part, consacrés au culte d’un dieu quelconque. Les hommes ressentent évidemment un besoin profond de créer un lieu qui ne soit pas souillé par leurs activités quotidiennes où l’on peut adorer l’être – ou les êtres – qui sont censés gouverner l’existence humaine, dont on recherche la faveur et dont on essaie de détourner la colère. C’est à cet instinct profond que nous devons un grand nombre des bâtiments les plus beaux et les plus célèbres du monde.

Yahweh aussi, le Dieu qui nous parle dans la Bible, avait son temple. Dans l’Ancien Temple et jusqu’au temps de Jésus, le temple à Jérusalem et le culte qu’on y célébrait – les sacrifices et les fêtes – étaient au centre même de la vie religieuse d’Israël. En fait, l’Ancien Testament connaît toute une série de bâtiments sacrés. D’abord c’était le tabernacle, espèce de « temple » mobile sous la forme d’une tente, qui accompagnait Israël pendant leur séjour dans le désert, mais qui fut enfin remplacé par le temple que le roi Salomon fit construire à Jérusalem, vers 950 av. J.-C. Ce premier temple ayant été détruit lors de la conquête de Jérusalem par les Babyloniens, un deuxième temple, moins grand et moins splendide, fut construit vers 520 av. J.-C., après le retour d’une partie du peuple de Juda de leur exil en Babylonie. Mais c’est un troisième temple dont nous lisons dans le Nouveau Temple, l’édifice magnifique du roi Hérode le Grand, dont la construction fut commencée vers 20 av. J.-C. mais qui fut détruite après moins de 100 ans par les Romains en 70 après J-C.

15. La Repentance

« Dès lors Jésus commença à prêcher, et à dire, Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche » (Matthieu 4:17). C’est ainsi que Matthieu commence sa narration du ministère de Jésus. Chez Marc on trouve à peu près la même chose :« Il disait, Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle » (Marc 1:15). Et plus tard, lorsque les disciples de Jésus commençaient leur œuvre de prédication, c’est toujours le même appel qu’ils faisaient:« Pierre leur dit, Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, à cause du pardon de vos péchés; et vous recevrez le don du Saint-Esprit’ Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés … » (Actes 2:38 ; 3:19). Nous voyons donc que l’appel à la repentance était dès le début une partie essentielle de l’évangile chrétien.

Mais que signifie exactement ce mot « repentance » ? Nous connaissons tous sa signification dans l’usage quotidien :la repentance, c’est l’aveu, à soi-même ou à d’autres, qu’on a commis une erreur ou qu’on ne s’est pas comporté comme on l’aurait dû ou comme on l’aurait voulu. Évidemment, elle dépend de l’action de notre conscience et de l’examen de nos actions passées. Quelquefois il est possible de corriger l’erreur et de remédier le mal qu’on a fait à un autre. Mais parfois le mal est sans remède ; alors il ne nous reste que le regret, l’angoisse du remords et peut-être de la honte.

14. Charis - La Grâce

Dans l’univers moral et intellectuel de la Bible, le mot « grâce » possède une place à part :or, c’est le mot-clef pour la compréhension de l’évangile, surtout tel qu’il a été formulé et prêché par l’apôtre Paul. La grâce est en effet le terme central dans ce groupe d’expressions qu’il utilise pour définir l’essentiel de son message, souvent opposé à l’idée d’une « justice » qu’on obtiendrait par les « œuvres de la loi » Ce contraste se voit clairement dans le verset suivant :« Je ne rejette pas la grâce de Dieu; car si la justice s’obtient par la loi, Christ est donc mort en vain » (Galates 2:20).

Qu’est-ce que c’est au juste, cette « grâce ? Les mots de base, en hébreu hen et en grec charis, » possèdent, comme la « grâce » dans le français contemporain, un sens multiple, mais l’idée essentielle est dans tous les deux cas ce qui suscite un sentiment de bien-être, donc ce qui nous fait plaisir, qui nous est agréable et qui nous fait regarder avec bienveillance celui ou celle qui le possède. C’est ainsi que ces deux mots peuvent se référer à la beauté, au charme ou à l’élégance, par exemple.

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